Ressentez-vous une peur écrasante face aux situations sociales ? Si cette description vous parle, vous pourriez souffrir de ce que l’on appelle l’anxiété sociale. Non, ce n’est pas juste la petite boule au ventre avant une présentation ou un entretien d’embauche ; c’est une peur intense qui, si elle n’est pas traitée, peut littéralement envahir votre quotidien. On se surprend à y penser constamment, à chercher des moyens de l’éviter, ou à masquer ce que l’on ressent.
Si ces mots résonnent en vous, alors prenez quelques instants pour explorer ensemble ce qu’est l’anxiété sociale et comment reprendre le contrôle.
L’anxiété sociale : bien plus qu’une simple timidité
Imaginez une peur si intense qu’elle dépasse de loin la simple nervosité. C’est l’essence de l’anxiété sociale. Ce n’est pas une question de tempérament ou de « ne pas être sociable ». C’est une condition réelle qui peut transformer des moments du quotidien en véritables épreuves.
On peut se sentir prisonnier de ses pensées, constamment préoccupé par la prochaine interaction et par la manière de l’esquiver, ou du moins, de cacher sa détresse. L’impact sur la vie peut être considérable.
Comment se manifeste la phobie sociale ?
L’anxiété sociale prend des formes différentes pour chacun, mais certains schémas sont très courants. Des situations qui paraissent banales pour la plupart deviennent terrifiantes. Pensez à des choses comme prendre la parole en groupe, rencontrer de nouvelles personnes, ou même passer un simple appel téléphonique.
Parler à une figure d’autorité, comme un policier, un patron ou un enseignant, peut devenir une montagne. Les situations de tous les jours, comme manger en public ou faire ses courses, peuvent engendrer une détresse profonde. Souvent, la personne éprouve des difficultés à maintenir un contact visuel, surtout avec des inconnus. On se soucie énormément de ce que les autres peuvent penser et on craint d’être jugé ou critiqué.
Ces sentiments peuvent créer une faible estime de soi et, malheureusement, parfois déclencher d’autres problèmes de santé mentale, comme la dépression.
D’où vient cette peur ?
Il n’y a pas une seule raison pour laquelle l’anxiété sociale se développe, mais plusieurs facteurs peuvent jouer un rôle. Certaines études suggèrent qu’une prédisposition génétique pourrait exister si des membres de votre famille en ont souffert, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires dans ce domaine.
Cependant, les facteurs environnementaux et les expériences de vie sont souvent les causes les plus fréquemment citées. Une éducation stricte, par exemple, où les critiques étaient monnaie courante et les éloges rares, peut contribuer à cette peur. À l’inverse, une enfance trop protégée ou « étouffante » peut aussi rendre difficile l’adaptation aux interactions sociales.
La phobie sociale peut surgir dès l’adolescence, suite à des épisodes de harcèlement scolaire ou à la pression de se conformer aux attentes des pairs. Mais elle peut aussi se développer à l’âge adulte ou plus tard dans la vie.
Par où commencer pour chercher de l’aide ?
Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, sachez qu’il existe de nombreuses façons d’obtenir de l’aide. Comme pour tout problème de santé mentale, la première et meilleure chose à faire est d’en parler. Cela peut sembler insurmontable, surtout si l’on souffre d’anxiété sociale, mais des solutions existent.
Vous pouvez en parler à une personne de confiance, en face à face ou par téléphone. Si cela vous semble trop difficile, un message, un e-mail ou une lettre sont aussi d’excellents moyens de partager vos sentiments et vos inquiétudes. Les communautés en ligne regroupant des personnes qui vivent la même chose sont aussi des espaces précieux pour s’exprimer et recevoir des conseils.
Il est toujours judicieux de consulter votre médecin généraliste. De nombreux cabinets proposent désormais des prises de rendez-vous en ligne, éliminant ainsi le besoin de parler directement si vous ne vous en sentez pas capable. Votre médecin est là pour vous aider et fera tout son possible pour faciliter la démarche, que ce soit en organisant un rendez-vous téléphonique, un créneau plus calme, ou même une visite à domicile. Il pourra vous orienter vers des services locaux et envisager des thérapies par la parole, comme le conseil ou la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), ou discuter d’un diagnostic et, si nécessaire, de l’aide médicamenteuse. C’est une première étape essentielle pour vaincre l’anxiété sociale.
La méthode de l’échelle d’exposition : un chemin pas à pas
Un outil très utile pour beaucoup est l’échelle d’exposition progressive. L’idée est de découper un objectif qui vous semble inatteignable à cause de votre anxiété en toutes petites étapes.
Prenons un exemple concret : si votre phobie sociale vous empêche de passer un appel téléphonique important. Votre « échelle d’exposition » pourrait ressembler à ceci :
* Étape 1 : Asseyez-vous avec votre téléphone en main. Composez le numéro d’un ami ou d’un membre de votre famille. N’appuyez pas sur « appeler ». Écoutez simplement les tonalités. Familiarisez-vous avec ce son et rappelez-vous que vous êtes en sécurité.
* Étape 2 : Reprenez votre téléphone, composez le numéro et appuyez sur « appeler ». Écoutez une sonnerie, puis raccrochez. Répétez. Une fois à l’aise avec une sonnerie, attendez-en deux, puis trois. Construisez votre tolérance à cette attente.
* Étape 3 : Avec votre téléphone en main, appelez un service d’horloge parlante ou quelque chose d’enregistré. L’important est d’écouter sans avoir besoin de parler, en sachant que vous êtes parfaitement en sécurité.
* Étape 4 : Appelez une personne que vous connaissez et parlez-lui pendant une courte durée, disons 30 secondes ou une minute. Lorsque vous êtes à l’aise, augmentez progressivement le temps de conversation. Petit à petit, l’idée de passer un appel deviendra moins effrayante. Vous commencerez à accepter que vous pouvez tenir une conversation, ce qui renforcera votre confiance.
* Étape 5 : Obtenez le numéro de l’endroit que vous devez appeler et qui vous cause tant d’anxiété. Répétez l’étape 1 : composez et écoutez les tonalités. Faites-le autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que vous soyez à l’aise. Préparez tout ce dont vous aurez besoin (factures, lettres) pour vous sentir prêt.
* Étape 6 : Faites enfin cet appel important. Rappelez-vous que vous avez le contrôle total. Une fois l’appel terminé, notez ce que vous avez ressenti.
Cette méthode s’applique à de nombreuses situations, l’important est de faire ces petits pas. Assurez-vous d’être totalement à l’aise avec une étape avant de passer à la suivante, sans en sauter. Une fois votre objectif atteint, célébrez vos succès et soyez fier de vous.
Si l’anxiété sociale est un combat pour vous aujourd’hui, ne souffrez pas en silence. Tendez la main et cherchez l’aide anxiété sociale dont vous avez besoin.
Questions Fréquemment Posées
Qu’est-ce qui distingue l’anxiété sociale d’une simple nervosité ?
L’anxiété sociale est une peur intense et persistante des situations sociales, bien au-delà de la nervosité habituelle. Elle peut prendre le contrôle de la vie quotidienne, entraînant une évitement constant des interactions et un désir de masquer sa peur.
Quelles sont les causes possibles de l’anxiété sociale ?
Les causes peuvent être multifactorielles. Une prédisposition génétique est parfois évoquée. Cependant, les facteurs environnementaux et les expériences de vie jouent un rôle majeur, comme une éducation très stricte, un environnement surprotecteur, le harcèlement scolaire ou la pression des pairs pendant l’adolescence. Elle peut aussi se développer à l’âge adulte.
Comment un médecin généraliste peut-il m’aider si je souffre d’anxiété sociale ?
Votre médecin généraliste peut vous offrir un diagnostic, discuter des options de traitement et vous orienter vers des services locaux. Il peut suggérer des thérapies par la parole comme la TCC (thérapie cognitivo-comportementale) ou le conseil, et si nécessaire, des options médicamenteuses pour gérer les symptômes. Il est une première étape essentielle pour obtenir de l’aide anxiété sociale.