Avouons-le, nous avons tous un ami, un collègue, ou même un oncle éloigné qui se croit expert en investissement. Il est si sûr de lui, si prompt à donner des conseils, que l’on finit par douter de nos propres intuitions. Pourtant, la vérité est souvent bien différente de ce qu’ils nous racontent. Et si une grande partie des « bons conseils » qu’on nous donne étaient en fait… surestimés ? C’est ce que nous allons explorer ensemble aujourd’hui, en remettant en question des idées reçues pour vous guider vers une approche plus simple, plus sereine, et surtout plus efficace : l’investissement passif.
Oubliez les actions que vous « aimez », privilégiez les fonds indiciels
On entend souvent dire qu’il faut investir dans des entreprises que l’on connaît et aime, celles dont on utilise les produits au quotidien. L’idée est séduisante, n’est-ce pas ? Ça nous donne l’impression de maîtriser quelque chose. Mais attention, c’est un piège ! S’investir émotionnellement dans une entreprise parce que l’on est un client fidèle est risqué. On ne voit plus le tableau d’ensemble : la santé financière, les flux de trésorerie, la stratégie à long terme.
Lorsque nos émotions sont liées à nos placements, nous sommes bien plus susceptibles de faire des erreurs. La solution ? Les fonds indiciels à faible coût. Plutôt que de choisir des actions individuelles, ces fonds vous permettent d’investir dans une multitude d’entreprises, par exemple les 500 plus grandes entreprises américaines via un indice comme le S&P 500. Le grand avantage ? C’est un système « auto-nettoyant » : les entreprises qui déclinent sont remplacées par celles qui prospèrent. Ainsi, vous êtes toujours investi dans une sélection de « gagnants » sans que vos émotions n’interviennent. Vous êtes déjà probablement actionnaire de Tesla, Etsy ou Domino’s sans le savoir, juste en détenant ce type de fonds. C’est l’essence même d’une bonne stratégie d’investissement !
Investissez une somme forfaitaire d’un coup, ne temporisez pas
Beaucoup d’entre nous se posent la question face à une somme d’argent importante : faut-il tout investir d’un coup ou étaler les investissements sur plusieurs mois (le fameux « dollar cost averaging ») ? L’idée d’étaler est souvent perçue comme plus sûre, plus prudente. Pourtant, une étude de Vanguard datant de 2012, analysant des décennies de données, a montré que l’investissement d’une somme forfaitaire en une seule fois battait l’étalement deux tiers du temps. L’écart n’est pas colossal sur dix ans (environ 2,3%), mais sur le long terme, cette petite différence peut s’accumuler de manière significative.
Notre instinct nous pousse à attendre le « bon moment », à spéculer que le marché va baisser. Mais c’est une erreur ! Le marché atteint de nouveaux sommets constamment, c’est sa nature. En tentant de temporiser, on risque de passer à côté de gains importants. Bien sûr, avoir un fonds d’urgence est primordial, mais si vous avez des liquidités à investir, la meilleure option est souvent de les placer sur le marché le plus tôt possible. L’investissement progressif est, quant à lui, parfait pour vos apports réguliers, mois après mois.
Jeune et ambitieux ? Assumez un risque élevé !
On nous dit souvent d’aligner notre portefeuille sur nos objectifs et notre tolérance au risque. C’est un conseil valide, mais il est surestimé, surtout pour les jeunes investisseurs. Si vous avez de nombreuses décennies devant vous, votre tolérance au risque devrait être très élevée ! L’objectif ultime est de maximiser les gains, et pour cela, il faut accepter un risque plus important.
Les débutants ne connaissent souvent pas leur véritable tolérance au risque. Alors, si vous êtes « jeune-ish », plutôt que de vous casser la tête à la déterminer, concentrez-vous sur deux choses : investir de manière constante et maîtriser vos émotions. Historiquement, les rendements ont été positifs la plupart des années. Vous traverserez inévitablement des périodes de turbulences, mais avec un horizon de plusieurs décennies, vous avez tout le temps de les surmonter. Votre premier objectif devrait être de vous éduquer sur le fonctionnement des marchés et de vous lancer, sans chercher à cibler des actions individuelles ni à vous fixer des objectifs de rendement irréalistes.
Ne tentez pas de « battre le marché », suivez-le !
La tentation est grande de vouloir devancer le marché, d’acheter au plus bas et de vendre au plus haut. On voit cela comme le graal de l’investissement. Mais soyons honnêtes : personne ne peut le faire de manière constante. Même les professionnels peinent ! Jack Bogle, le fondateur de Vanguard, disait que « le temps est votre ami, l’impulsion est votre ennemi ». Environ 80% des fonds gérés activement ne parviennent pas à battre le marché.
Pourquoi s’infliger un tel stress pour un résultat incertain ? Une approche passive, via des fonds indiciels à faible coût, permet de faire correspondre les performances du marché. Cela signifie des gains stress-free, souvent entre 8 et 10 % sur le long terme. Ne pas investir du tout par peur que le marché soit à son « plus haut historique » est une erreur, car le marché passe son temps à atteindre de nouveaux records sur le long terme. Votre temps et votre énergie seront bien mieux utilisés à augmenter votre taux d’épargne long terme et à l’investir, plutôt qu’à tenter une course contre la montre que vous ne pourrez pas gagner.
Simplicité, discipline et long terme : votre trio gagnant
Plus nous en apprenons sur l’investissement, plus nous sommes tentés par des stratégies complexes, des produits exotiques. C’est souvent là que la cupidité, la paresse et l’ignorance s’installent, menant à des rendements décevants. Mais la vérité est simple : pour réussir en investissement passif, il faut garder les choses simples.
Cela signifie privilégier les fonds indiciels à faible coût qui suivent de larges marchés. Utilisez les enveloppes fiscales avantageuses comme le PEA ou l’Assurance Vie en France (l’équivalent de comptes retraite comme le Roth IRA aux États-Unis). Misez sur l’automatisation : configurez vos virements et « oubliez-les ». Cessez d’être obsédé par les nouvelles en temps réel qui vous pousseront à prendre des décisions émotionnelles.
Utilisez plutôt ce temps précieux pour développer des compétences, créer des sources de revenus complémentaires ou simplement investir en vous-même. La clé, c’est la discipline émotionnelle et une vision sur plusieurs décennies. C’est cette combinaison qui, sur le long terme, transformera une stratégie d’investissement simple en un succès retentissant.
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Questions fréquentes
1. Pourquoi privilégier les fonds indiciels plutôt que les actions individuelles ?
Les fonds indiciels offrent une diversification automatique en investissant dans de nombreuses entreprises (comme les 500 plus grandes), réduisant ainsi le risque lié à la performance d’une seule action. Ils sont également moins sujets aux décisions émotionnelles et ont tendance à mieux performer sur le long terme que la plupart des fonds gérés activement.
2. Faut-il investir une grosse somme d’argent d’un coup ou petit à petit ?
Pour une somme d’argent forfaitaire dont vous disposez déjà, des études montrent qu’il est statistiquement plus avantageux d’investir l’intégralité de la somme en une seule fois, plutôt que de l’étaler sur plusieurs mois. L’investissement progressif est cependant une excellente approche pour vos apports réguliers.
3. Quel est le rôle de la diversification et de la tolérance au risque pour un jeune investisseur ?
Pour un jeune investisseur avec un horizon de placement de plusieurs décennies, il est généralement recommandé d’avoir une tolérance au risque élevée et de privilégier une forte proportion d’actions dans son portefeuille. La diversification est essentielle, mais elle se fait en investissant dans un large éventail d’actions via des fonds indiciels, plutôt que de diluer excessivement avec des obligations si l’on vise la croissance à long terme.