Imaginez un instant : vous quittez le travail, tranquillement, et soudain, deux inconnus vous agressent. L’un d’eux vous frappe dans le dos en répétant, obsessionnellement, une question absurde : « Kenneth, quelle est la fréquence ? » On ne parle pas ici d’une scène de film, mais d’une agression bien réelle subie par Dan Rather, une légende du journalisme américain, en 1986. Un événement si étrange qu’il a inspiré une chanson au groupe R.E.M. et même des références dans la série *Black Mirror*. Mais que s’est-il vraiment passé ce jour-là, et que signifie cette phrase énigmatique ?
L’agression énigmatique du journaliste Dan Rather en 1986 et la question obsessionnelle « Kenneth, quelle est la fréquence ? » qui en a découlé.
`Dan Rather` était une figure emblématique. Vingt-quatre ans durant, il a présenté le journal du soir sur l’une des plus grandes chaînes américaines, couvrant des événements majeurs comme l’assassinat de JFK, la guerre du Vietnam, le scandale Iran-Contra, ou encore son interview exclusive de Saddam Hussein. Une carrière immense, malgré une controverse sur de faux documents concernant le service militaire du président Bush.
Alors qu’il rentrait chez lui à New York un soir d’octobre 1986, deux hommes l’ont abordé. L’un d’eux l’a frappé, martelant cette même phrase étrange : « Quelle est la fréquence, Kenneth ? Dis-moi la fréquence, Kenneth ! » `Dan Rather` a réussi à s’échapper, racontant l’incident au portier de son immeuble. L’histoire est devenue une sorte de légende urbaine, un mystère non résolu, sans suspect ni preuve concrète, et elle a fini par s’estomper de la mémoire collective. Du moins, c’est ce qu’on croyait.
William Tacher, l’agresseur présumé et meurtrier, qui affirmait être un voyageur temporel d’une dimension parallèle, ayant confondu Rather avec une figure de son propre monde.
Dix ans plus tard, en 1997, une photo de William Tacher (parfois orthographié Tacker) paraît dans un journal du Rhode Island. L’homme est inculpé du meurtre d’un technicien de télévision de NBC, commis en 1994 à New York. Un psychiatre, en voyant la photo et les détails du crime, fait le lien : il prévient `Dan Rather`. Et là, stupeur : `Rather` reconnaît formellement Tacher comme l’un de ses agresseurs de 1986.
Ce qui rend l’affaire encore plus bizarre, ce sont les dires de William Tacher lui-même. Selon ses propres aveux, il serait originaire de l’année 2265, d’une dimension parallèle à la nôtre. Arrivé sur Terre en 1986, il était alors un criminel dans son propre monde, mais avait accepté de participer à des recherches sur le voyage temporel en échange d’une amnistie. Avant de partir, le vice-président de son monde, Kenneth Ross Wilson, lui aurait implanté une puce, le prévenant de messages incessants s’il tentait de rester ici. Son retour dans sa dimension aurait mal tourné, le menant en prison pour 30 jours, durant lesquels il aurait effectivement reçu d’innombrables messages de Ross lui ordonnant de revenir.
Tacher croyait que les habitants de sa planète avaient des « doubles » dans notre monde. En se promenant dans les rues de New York, il aurait aperçu `Dan Rather`, convaincu qu’il s’agissait du double de son vice-président, Kenneth Ross Wilson. Pris d’une impulsion, il l’aurait agressé, ne réalisant son erreur qu’après coup.
La justification du meurtre commis par Tacher : tenter de bloquer des signaux perturbateurs provenant de son monde d’origine, qu’il croyait diffusés via des fréquences terrestres.
Mais alors, pourquoi le meurtre du technicien NBC en 1994 ? Des années après l’agression de `Dan Rather`, Tacher était toujours hanté par ces fameux signaux perturbateurs provenant de son monde d’origine, qu’il pensait diffusés via les fréquences terrestres. Il pensait que le technicien de NBC, travaillant sur des émissions à ondes longues, pouvait l’aider à les localiser et les bloquer. Face au refus de l’employé, Tacher a sorti une arme et l’a abattu. Il a été arrêté et condamné à 15-25 ans de prison. Il aurait été libéré sur parole en 2010.
L’explication alternative du « gangstalking » (harcèlement organisé) comme cause potentielle des délires de Tacher, le poussant à croire en des persécutions et des missions secrètes.
Bien sûr, l’histoire de William Tacher est rocambolesque et semble tout droit sortie d’un film de science-fiction. Pourtant, lors de son procès, les tests psychologiques n’ont pas conclu à une schizophrénie paranoïde. Il a été jugé sain d’esprit et envoyé en prison, pas en institution psychiatrique.
Certains experts se demandent si Tacher n’aurait pas été victime de ce qu’on appelle le « gangstalking » ou harcèlement organisé. De quoi s’agit-il ? C’est lorsqu’un individu est ciblé par un groupe (qui peut être un service secret, une organisation clandestine, ou même un groupe d’individus) qui interfère insidieusement avec tous les aspects de sa vie : ses comptes sur les réseaux sociaux, son compte bancaire, ses relations professionnelles et même familiales. Le but est de le faire douter de sa propre santé mentale. Les victimes commencent à avoir des visions, à se sentir persécutées, à perdre pied. Tacher lui-même décrivait calmement être sous contrôle constant, que des signaux le faisaient faire des choses qu’il n’avait pas faites, et qu’il était victime d’un contrôle mental que personne ne semblait comprendre.
Le projet MK-Ultra de la CIA, ses expérimentations de contrôle mental et l’hypothèse que le mot « Courage » que Dan Rather prononçait avant l’incident ait pu être un mot-déclencheur implanté.
Le `gangstalking` et la notion de contrôle mental nous mènent inévitablement vers les `théories du complot` les plus sombres, et notamment le `Projet MK-Ultra`. Ce programme scandaleux de la CIA, qui a débuté dans les années 1950 et s’est poursuivi jusqu’en 1973, a coûté la réputation de l’agence. Il s’agissait d’expériences illégales et éthiquement indéfendables sur des humains et des animaux.
La CIA a financé 80 institutions, dont quatre universités, pour mener des recherches sur le contrôle mental. L’objectif ? Développer des substances pour provoquer des pensées illogiques, ralentir la perception, causer des dommages cérébraux ou des pertes de mémoire, augmenter la résistance à la torture, ou même induire une amnésie ou des évanouissements. Les sujets ? Des prisonniers, des toxicomanes, des malades mentaux et des prostituées, des personnes jugées incapables de résister. Un agent du projet a même admis : « Nous avons utilisé tous ceux qui ne pouvaient pas nous résister dans ces expériences. » On a même suggéré que Sirhan Sirhan, l’assassin de Robert F. Kennedy, ait pu être une victime du `Projet MK-Ultra`.
Et c’est là que l’histoire de `Dan Rather` prend une tournure encore plus glaçante. Saviez-vous qu’en septembre 1986, juste un mois avant son agression, il avait pris l’habitude de conclure ses bulletins d’information par le mot « Courage » ? Sans aucune explication, et malgré les moqueries de ses collègues. Il a fini par arrêter, mais n’a jamais commenté cette étrange habitude.
Pour certains spécialistes, ce mot aurait pu être un « mot-déclencheur« , implanté dans son subconscient dans le cadre d’une expérience de type `MK-Ultra`. Un mot qui, une fois entendu ou prononcé, déclenche une action ou une réaction particulière. C’est un concept central dans des films comme *Marathon Man* (1976), où la phrase « Is it safe ? » est un déclencheur.
Alors, William Tacher était-il un véritable voyageur temporel égaré, une victime du `gangstalking`, ou un pion involontaire du `Projet MK-Ultra` ? Ou les deux ? Ce mystère, avec ses ramifications vers le contrôle mental et les dimensions parallèles, continue de nous hanter. La vérité est peut-être plus étrange encore que la fiction.
Questions Fréquemment Posées
Q1 : Qui est Dan Rather et pourquoi est-il important dans cette histoire ?
R1 : Dan Rather est un journaliste américain légendaire, célèbre pour avoir présenté le journal du soir pendant 24 ans et couvert des événements historiques majeurs. Son agression en 1986, et la phrase mystérieuse « Kenneth, quelle est la fréquence ? », sont au cœur de l’intrigue et ont inspiré plusieurs œuvres culturelles.
Q2 : Qu’est-ce que le Projet MK-Ultra ?
R2 : Le `Projet MK-Ultra` était un programme de recherche secret et illégal mené par la CIA des années 1950 aux années 1970. Il visait à explorer les techniques de contrôle mental, de manipulation psychologique et d’interrogatoire, souvent par l’expérimentation de drogues et de produits chimiques sur des sujets humains, sans leur consentement.
Q3 : Quelle est la théorie la plus plausible concernant William Tacher et l’agression de Dan Rather ?
R3 : Il n’y a pas de théorie unanimement acceptée. Les explications varient entre son récit de voyageur temporel (peu crédible scientifiquement), l’hypothèse qu’il ait été victime de « gangstalking » (harcèlement organisé poussant au délire), ou même qu’il ait été un sujet involontaire d’expériences de contrôle mental de type `MK-Ultra`, notamment en lien avec le mot « Courage » prononcé par `Dan Rather`.