On a tous vécu ça, non ? Ce moment où une simple conversation informelle nous jette dans l’arène, un peu comme un match de tennis où il faut absolument renvoyer la balle, et vite. On le perçoit souvent comme une épreuve, un « small talk » sans importance, alors qu’en réalité, c’est une occasion en or de créer du lien, d’apprendre et même de s’épanouir. Le vrai défi ? On ne peut pas avoir de script. Il faut naviguer dans l’instant présent.
Mais si on changeait notre perspective ? Au lieu de ce match de tennis stressant, imaginez plutôt un « hacky sack », cette petite balle où tout le monde collabore pour la maintenir en l’air. Quand on voit notre rôle comme une collaboration pour faire avancer la discussion, plutôt qu’une patate chaude à refiler, l’expérience change du tout au tout. Soudain, ce n’est plus effrayant, c’est agréable.
Le small talk, une collaboration, pas une compétition
Le terme « small talk » est un peu trompeur. On l’associe à de la simple papote, sans grande importance. Mais en vérité, c’est un moyen formidable de se connecter, de tisser des liens, d’apprendre des choses, de grandir. Le plus difficile, c’est qu’on ne peut pas suivre de script. Il faut juste se laisser porter par le moment.
Beaucoup d’entre nous voient ces échanges comme un test, une sorte de match de tennis où l’on doit renvoyer la balle à l’autre en espérant qu’elle atterrisse bien. Et si on voyait ça plutôt comme une partie de « hacky sack » ? Cette petite balle en tissu que tout le monde essaie de maintenir en l’air ensemble, sans jamais la laisser tomber. Envisager notre rôle comme une collaboration pour faire avancer la conversation, plutôt qu’une compétition où il faut vite se débarrasser de la balle, peut vraiment transformer l’échange. L’expérience devient alors bien plus fluide et beaucoup moins anxiogène. C’est une belle façon de développer son aisance sociale.
L’art d’être intéressé, pas intéressant
Lorsque nous abordons une situation de conversation informelle, il est crucial de fixer les bonnes intentions. Comme le disait Rachel Greenwald, une entremetteuse et universitaire brillante : votre objectif est d’être intéressé, non pas intéressant.
On a souvent l’impression qu’il faut être absolument fascinant et captivant. Mais en réalité, il suffit d’être présent et de montrer un véritable intérêt pour ce qui se dit. Cette approche a un avantage majeur : elle diminue l’anxiété que l’on ressent fréquemment. On a le sentiment d’être jugé, et soyons honnêtes, c’est souvent le cas. Mais en déplaçant notre attention sur l’autre, on réduit considérablement l’intensité de ce « projecteur » que l’on sent braqué sur nous. C’est une des techniques de communication les plus efficaces pour se sentir plus à l’aise.
La paraphrase : votre alliée pour ralentir et comprendre
On a tous ce réflexe, dès qu’une interaction spontanée se présente, de vouloir répondre le plus vite possible. On associe souvent la rapidité de réponse à la compétence. Pourtant, ce qui reflète le mieux notre compétence, c’est une réponse appropriée. Et l’à-propos, ça prend parfois un peu de temps.
Combien de fois avons-nous dit quelque chose que nous ne voulions pas, juste parce que ce n’était pas clair ou pas adapté ? Prendre une pause aide à éviter cela. Une technique merveilleuse pour se ralentir est la paraphrase. Pourquoi est-elle si utile ? Non seulement elle vous assure d’avoir bien compris le message pour y répondre de manière pertinente, mais elle vous force aussi à ralentir votre propre pensée et à écouter plus attentivement.
La paraphrase, ce n’est pas répéter bêtement ce que l’autre a dit. C’est en faire une synthèse, une distillation. En paraphrasant, vous faites plusieurs choses essentielles :
1. Vous validez la personne : Vous lui montrez que vous l’avez écoutée, même si vous n’êtes pas forcément d’accord.
2. Vous vérifiez le contenu : L’autre peut rectifier si vous avez mal compris, ce qui améliore la fidélité de l’échange.
La plupart du temps, on écoute juste assez pour saisir l’idée générale, et hop, on commence déjà à juger, répéter mentalement notre réponse ou se préparer à répliquer. En paraphrasant, on doit écouter avec une intention décuplée pour vraiment comprendre le fond du message. Cela ralentit nos propres pensées et nous offre un temps précieux pour construire une réponse réfléchie, renforçant ainsi notre aisance sociale.
Structurez votre spontanéité avec « Quoi ? Et alors ? Et maintenant ? »
On a souvent tendance à s’étendre, surtout quand on est mal à l’aise dans les conversations spontanées. C’est comme si on découvrait nos pensées en même temps qu’on les exprimait, entraînant l’autre dans le labyrinthe de notre raisonnement. C’est presque une technique défensive, l’idée étant que si on lance plein de choses, quelque chose finira bien par « coller » et l’autre nous trouvera intelligent.
Pourtant, la conciliation est presque toujours préférable. Comme ma mère le dit si bien (même si elle ne l’a pas inventé !) : « Dis-moi l’heure, ne me construis pas l’horloge. » En situation de networking ou de discussion informelle, beaucoup d’entre nous sont des « constructeurs d’horloges ». Il faut se rappeler de simplement « dire l’heure ».
Ironiquement, la clé de la spontanéité, c’est souvent la structure. Non pas une liste d’idées, mais une connexion logique entre vos points, comme une recette ou une carte. On le voit bien en musique jazz : ce n’est pas du pur hasard, ça suit des structures, des progressions d’accords.
Une des techniques de communication les plus utiles est la structure « Quoi ? Et alors ? Et maintenant ? ».
* Quoi ? C’est votre idée, votre sujet.
* Et alors ? Pourquoi est-ce important pour la personne à qui vous parlez ?
* Et maintenant ? Qu’est-ce qui suit ? (Une question, une proposition, etc.)
Imaginez une soirée d’entreprise. Vous abordez quelqu’un que vous ne connaissez pas. Vous pourriez dire : « Qu’est-ce qui vous amène ici ce soir ? » (le « Quoi ? »). Quand la personne répond, vous pouvez enchaîner : « Ah, et pourquoi est-ce important/intéressant pour vous ? » (le « Et alors ? »). Et pour le « Et maintenant ? », posez une question sur la suite : « Qu’allez-vous faire ensuite ? » ou « Voulez-vous qu’on aille voir telle chose ensemble ? ». Cette structure vous offre un cadre solide pour naviguer la discussion.
Lancer la conversation : au-delà du simple « Comment ça va ? »
On se lance souvent dans le small talk avec des phrases toutes faites, un peu bateau : « Comment allez-vous ? », « Qu’est-ce qui vous amène ici ? », « Que faites-vous dans la vie ? ». Ce sont des démarrages faciles, mais ils ne nous mènent pas très loin.
L’idéal est d’initier la discussion avec des questions ou des observations qui se connectent au contexte et à l’environnement dans lequel vous vous trouvez. L’autre jour, en me retrouvant dans une situation de conversation informelle, j’ai abordé quelqu’un que je ne connaissais pas en disant : « C’est fou, je n’ai jamais vu autant de gens avec une chemise bleue dans une même pièce ! » La personne a ri et a dit : « Vous avez raison, c’est intéressant ! » Et hop, la conversation était lancée.
Il suffit de remarquer quelque chose dans l’environnement. Lancer la discussion en piquant la curiosité de l’autre, en soulignant quelque chose d’inattendu ou de peu discuté sur l’instant, invite bien plus les gens à l’échange que le sempiternel « Salut, comment ça va ? », auquel on répond machinalement « Bien ». Et là, on se retrouve au point de départ, encore plus maladroit. Pour une meilleure aisance sociale, l’observation est votre amie.
Conclure en douceur : la méthode du « drapeau blanc »
Peut-être encore plus délicat que d’initier le small talk, c’est d’en sortir. On compte souvent sur des excuses biologiques : « J’ai soif, je vais chercher un verre », « J’ai faim », « Je dois aller aux toilettes ». Ce ne sont pas toujours les meilleures portes de sortie.
J’adore l’approche que j’ai apprise de Rachel Greenwald : la méthode du « drapeau blanc ». Vous connaissez la course automobile ? Avant le dernier tour, on agite un drapeau blanc pour signaler la fin imminente de la course.
Lorsque la conversation approche de sa fin – parce que vous devez partir, que vous le souhaitez, ou que l’échange a fait son temps – signalez-le. Dites : « Je dois partir dans un instant, mais… » Et c’est là que vous posez une dernière question ou offrez un dernier commentaire. Vous prolongez un tout petit peu la conversation.
Par exemple : « Je dois y aller, j’ai des amis là-bas que je dois rejoindre. Mais avant de partir, je voulais juste en savoir un peu plus sur ce voyage à Hawaï dont vous me parliez. » C’est une façon bien plus élégante et fluide de mettre fin à une conversation informelle que de s’éclipser brutalement. C’est une technique de communication précieuse pour le networking.
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Questions Fréquemment Posées
Q: Que faire quand on ne sait absolument pas quoi dire ?
R: Si vous êtes à court d’idées, un simple « Dites-m’en plus », ou « Pourriez-vous me donner plus de détails sur ce point ? » peut relancer l’échange. Cela offre à l’autre l’occasion de parler davantage et vous donne le temps de réfléchir à votre prochaine intervention. L’essentiel est de le dire avec une curiosité sincère !
Q: Comment puis-je m’améliorer dans l’art des conversations informelles ?
R: Comme pour toute compétence, la pratique est essentielle. Quand vous lisez un article ou écoutez un podcast, faites une pause et demandez-vous : « De quoi s’agissait-il ? », « Pourquoi est-ce important pour moi ? », et « Comment puis-je l’utiliser ? » En répétant cet exercice, les techniques deviendront plus naturelles et vous développerez une plus grande aisance sociale.
Q: Est-ce grave de faire des erreurs lors d’une discussion spontanée ?
R: Absolument pas ! Les erreurs sont normales et naturelles en communication. Les conversations spontanées sont avant tout une question de connexion, pas de perfection. Voyez une erreur non pas comme quelque chose de « faux », mais comme une « prise manquée », comme au cinéma. Il y a toujours une autre façon de faire, et on peut réessayer. L’important est de ne pas se bloquer.