Pourquoi les Boutons des Manettes sont A, B, X, Y ? L’Histoire Révélée

surlavie.fr

juillet 17, 2026

Pourquoi les Boutons des Manettes sont A, B, X, Y ? L'Histoire Révélée

Vous êtes-vous déjà posé la question en tenant votre manette ? Pourquoi boutons manette ABXY ? Pourquoi ces lettres-là, et pas simplement A, B, C, D ? C’est une excellente question, et la réponse nous emmène dans un voyage fascinant à travers l’histoire manette jeux vidéo, bien au-delà de ce que l’on pourrait imaginer. Accrochez-vous, car l’histoire de ces quatre lettres est plus riche qu’il n’y paraît.

L’Anarchie des Premiers Contrôleurs

Au tout début, quand les jeux vidéo étaient encore confinés aux laboratoires informatiques, la notion de manette standardisée n’existait pas. Prenez Spacewar!, l’un des premiers jeux, développé en 1962. Il se jouait avec des interrupteurs sur le panneau de commande d’un mini-ordinateur. C’était inconfortable, et les interrupteurs s’usaient à une vitesse folle !

Les développeurs ont fini par bricoler des manettes avec des pièces de trains miniatures. Mais ce n’était pas un design universel. Quand le jeu vidéo est devenu grand public, chaque borne d’arcade avait son propre système : des boutons numérotés ou, plus souvent, étiquetés selon l’action qu’ils déclenchaient – « Sauter », « Tirer », etc.

Les premières consoles de salon n’étaient pas en reste. On trouvait des cadrans pour des jeux à la *Pong*, ou un simple joystick avec un unique bouton non étiqueté comme sur l’Atari. L’Intellivision et la ColecoVision, elles, avaient des boutons numérotés comme un clavier de téléphone. L’idée de lettres n’était pas encore là.

L’Arrivée de Nintendo et les Mystères du A et du B

C’est Nintendo qui a commencé à changer la donne avec la sortie de la Famicom au Japon en 1983. Elle arborait fièrement deux boutons étiquetés A et B. Ce qui est amusant, c’est que le bouton A était placé à droite du B. Non, ce n’est pas lié à l’ordre de lecture japonais comme certains le pensent !

La raison la plus acceptée est une question de confort du pouce. En tenant la manette, le pouce se pose naturellement sur le bouton le plus à droite. Et comme ce bouton serait le plus utilisé, il a été logique de lui donner la première lettre : A. La NES, sa version occidentale, a conservé cet agencement.

Malgré l’influence de la NES, cette approche des lettres n’a pas été immédiatement adoptée par tous. La Master System de Sega a gardé ses boutons 1 et 2, et la TurboGrafx a opté pour des chiffres romains. La Mega Drive (Genesis) de Sega a bien tenté d’ajouter un C, mais la véritable révolution des boutons contrôleur était encore à venir.

La Révolution SNES : Pourquoi X et Y ?

La Super Famicom (1990) puis la Super Nintendo (1991) ont été le tournant décisif. En plus d’une forme plus ergonomique et de l’introduction des gâchettes L et R, la SNES a ajouté les deux fameux boutons dont nous parlons : le X et le Y.

Pourquoi ces lettres ? Plusieurs théories ont circulé. Certains évoquaient le fait que B, C et D se ressemblent trop à l’oral, ou que B et D seraient trop similaires visuellement en basse résolution. D’autres pensaient que Nintendo préparait l’avenir, imaginant une manette à six boutons. Utiliser A, B, C, D aurait rendu l’expansion vers E, F compliquée sans tout chambouler. Avec A, B, X, Y, l’ajout d’un C et d’un Z sur une future manette de six boutons devenait plus simple.

Mais la vérité, ou du moins une grande partie, nous vient de Shigeru Miyamoto lui-même. En 2017, il expliquait que face à la complexité croissante des jeux d’arcade, Nintendo voulait plus de boutons. L’idée n’était pas de les considérer comme quatre boutons égaux, mais plutôt comme deux paires distinctes : A et B comme les boutons principaux, et X et Y comme les boutons secondaires. Le fait de briser l’ordre alphabétique permettait de renforcer cette séparation mentale. La version occidentale de la manette SNES est même allée plus loin en utilisant des couleurs différentes et des boutons X et Y concaves pour souligner cette distinction.

Quand le Design Industriel Rencontre le Gaming

Lance Barr, designer produit chez Nintendo of America, a confirmé cette volonté de séparation dans une lettre publiée en 1993. Mais il a ajouté un détail savoureux : les lettres X et Y ont aussi été choisies en raison de leur prévalence dans les logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO), en référence aux axes X et Y.

On peut presque imaginer un designer penché sur son écran, regardant ces boutons vierges et, par un clin d’œil involontaire aux axes de son logiciel, y apposer ces lettres. C’est peut-être aussi pour cette raison que le bouton sous la manette N64 a été étiqueté Z.

L’Héritage Indélébile de la SNES

Le design de la SNES a été incroyablement influent. Vous pouvez voir son empreinte sur de nombreuses manettes qui ont suivi. La Sega Saturn, par exemple, a repris les gâchettes L et R, mais a ajouté six boutons faciaux (A, B, C, X, Y, Z). La Dreamcast a également suivi un agencement similaire au losange de la Super Nintendo.

La PlayStation a conservé une disposition similaire, mais a remplacé les lettres par des formes géométriques, chacune ayant une signification culturelle (cercle/croix pour oui/non au Japon, triangle pour la vue, carré pour les menus). Même les manettes Xbox, bien qu’elles aient réarrangé les lettres comme la Dreamcast, ont conservé cette disposition en losange des quatre boutons faciaux.

Ironiquement, Nintendo elle-même s’est parfois éloignée de ce design, pour finalement y revenir en grande partie. Le placement du A et du B sur les manettes Xbox inversé par rapport à la SNES est d’ailleurs le fruit de nombreuses réflexions chez Nintendo à l’époque, qui voulait un A cohérent avec le Game Boy ou un A qui serait le bouton par défaut, le plus utilisé. Finalement, sur de nombreux jeux SNES, c’est le B qui est devenu le plus sollicité, surtout avec l’arrivée des seconds sticks. Cela a peut-être influencé Microsoft à placer le A en bas.

En fin de compte, la raison pour laquelle nous avons A, B, X, Y n’est pas une simple coïncidence. C’est la résultante de décisions de design intelligentes, d’ergonomie et même d’un clin d’œil aux logiciels de CAO. Le design en losange à quatre boutons de la SNES est devenu un standard universel de l’évolution boutons contrôleur. Donc, même si vous n’avez jamais touché une Super Nintendo, il y a de fortes chances que vous utilisiez encore aujourd’hui son agencement de boutons emblématique !

Questions Fréquemment Posées

Q: Pourquoi les boutons A, B, X, Y et non A, B, C, D ?

R: Nintendo a choisi A, B, X, Y sur la Super Nintendo pour distinguer deux paires de boutons : A et B comme principaux, et X et Y comme secondaires. Rompre l’ordre alphabétique aidait à cette séparation mentale. De plus, les lettres X et Y étaient familières grâce aux logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO) et leurs axes.

Q: Pourquoi le bouton A de la Famicom/NES était-il à droite ?

R: Le bouton A a été placé à droite pour des raisons d’ergonomie. Il est plus confortable de poser le pouce sur le bouton le plus à droite, et comme c’était le bouton principal destiné à être le plus utilisé, il a reçu la lettre A.

Q: Comment la manette Super Nintendo a-t-elle influencé les autres consoles ?

R: La manette SNES, avec son agencement en losange des quatre boutons faciaux et l’ajout des gâchettes L/R, est devenue un standard influent. De nombreuses consoles suivantes, comme la Sega Saturn, la Dreamcast, la PlayStation (avec des symboles géométriques) et la Xbox, ont adopté ou adapté cette disposition de base, faisant perdurer son design jusqu’à aujourd’hui.

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